La bûche de noël ; quelle bonne idée !

Ce dessert traditionnel de noël est née d’un vieux rite lié à la célébration du solstice d’hiver. La bûche fait son apparition au moyen âge, et se répand petit à petit dans toute l’Europe. La bûche de noël prolonge les nombreuses coutumes du feu de bois, que j’ai évoqué dans mon dernier  article  8 décembre à Lyon  

Le rituel :

Avant l’expansion du christianisme, les cultes polythéistes faisaient alors en offrande aux dieux un tronc d’arbre qui devait brûler dans l’âtre de la cheminée très lentement, l’idéal étant qu’il puisse durer jusqu’au nouvel an ou au moins pendant trois jours. Imaginez à l’époque toute la famille au chaud, partageant ce moment unique devant l’immense cheminée, et opérant selon un cérémonial annuel.

Quel bois ?

La croyance populaire voulait ainsi se garantir une bonne récolte pour l’année suivante.
Afin de cibler le type de récolte souhaitée, il fallait de préférence utiliser une bûche provenant d’un tronc d’arbre fruitier dans le Sud (prunier, cerisier et olivier) ou chêne et hêtre dans le Nord puisque les glands comme les faînes étaient une nourriture pour les hommes jusqu’à la fin du Moyen Âge.
Lors de l’allumage, la bûche était bénie à l’aide d’une branche de buis ou de laurier conservée depuis la fête des rameaux.

Dans certaines régions, le plus ancien de la famille arrosait le bois :
de vin durant sa combustion afin d’assurer une bonne vendange
de sel pour se protéger des sorcières
de lait ou de miel en mémoire des délices d’Éden
les tisons conservés protégeait la maison de la foudre ou du diable
les cendres étaient répandues dans les champs pour fertiliser la terre.
le charbon intégrait plusieurs remèdes
les cendres conservées servaient de protection à toute la maisonnée jusqu’à l’année suivante
en Bourgogne, l’enfant partait prier Dieu pour que la souche « donne des bonbons ». Pendant ce temps-là on mettait aux bouts de la bûche des petits paquets de sucreries, fruits confits, noix ou pruneaux ou marrons pour les plus pauvres.

L’invention du gâteau par un lyonnais ?

D’abord il existait des gâteaux de noël très riches aux formes et noms variés selon les régions.
L’invention de la bûche remonte au XIXème siècle, mais son origine reste très incertaine. Elle est aussi liée à l’évolution des chauffages, la disparition des cheminées et donc la disparition de cette coutume. Parmi les origines évoquées, nous retiendrons celle du chocolatier lyonnais (car on est un peu chauvin hein !) Félix Bonnat, qui aurait inventé la bûche en 1860.
A l’époque, il existait de très nombreux noms pour la bûche de noël, selon le patois de la région. Le plus courant était « tréfeu » qui provenait de « 3 feux », nombre de jours où la bûche devait se consumer dans la cheminée.

Sa recette

La bûche était une génoise roulée en forme de bûche et garnie d’une crème au beurre parfumée (café, chocolat, grand marnier etc ) puis couverte d’une crème en utilisant une douille particulière rappelant les stries du bois. La bûche traditionnelle était décorée de petit sapin, père noël, hache, lutin, champignon en sucre etc. et servie sur une table portant des bougies.

Petit à petit la bûche a évolué vers un dessert raffiné. Les pâtissiers font des décors élégants et sobres, tel qu’un glaçage miroir par exemple. Aujourd’hui la bûche se compose d’un élément craquant, d’une mousse, d’un insert coulant par exemple. Elle devient donc sophistiquée. Seule la forme rappelle encore que c’est la bûche de noël…
A deux pas du Manoir Tourieux, régalez-vous à la chocolaterie pâtisserie glacier « le diablotin » à l’Arbresle. Je vous recommande de réserver votre bûche. Pour connaître les choix, rendez-vous sur leur page face book Le Diablotin

Photos des délicieuses bûches de noël au Diablotin

Réveillonner sans bûche de noël ? Ah non ! Pour les adeptes du fait maison ; mes trucs et astuces

Pour continuer à faire votre bûche traditionnelle au chocolat, voici une technique très simple. Aucun besoin d’investir dans un « moule spécial bûche ». Faites cuire votre pâte génoise sur une plaque, et à la sortie du four, la rouler dans un torchon propre de cuisine mouillé puis essoré. C’est grâce à cela que vous pourrez ensuite, lorsque la génoise sera froide, la dérouler et la garnir. Faites une belle mousse au chocolat ferme. Lorsqu’elle est prise et froide, garnissez la génoise, puis roulez. Laissez au frigo quelques heures. Attaquez-vous enfin à la décoration ; coupez les deux bouts de manière inégale afin de les poser sur le roulé, puis recouvrez de mousse au chocolat. Un peu de sucre glace puis avec une fourchette striez de manière inégale pour recréer les veines et nœuds du bois. Le tour est joué ! Votre roulé ressemble à une bûche. Pour la décoration, cueillez de belles feuilles de houes bien rainurées par exemple, lavez-les. Faites fondre une barre de chocolat noir au micro ondes, et couvrez vos jolies feuilles. Mettez au frigo. Lorsque le chocolat est pris, enlevez délicatement la feuille. Posez alors vos feuilles en chocolat sur votre bûche.
Si vous avez des enfants en bas âge, la création de la bûche familiale reste un instant de partage, et la création de petits décors en pâte d’amandes par exemple, un atelier joyeux même si le résultat n’est pas toujours là !

Une bûche réussie c’est celle que l’on mange et que l’on partage avec les personnes que l’on aime.
Pour ceux qui souhaitent le détail de la recette, n’hésitez pas à m’écrire un petit mail M’écrire

Au moyen âge à Marseille, en portant la bûche de Noël, on ne cessait de crier en  patois : «  Noël vient, tout bien vient »

Alors joyeux noël à tous !
Karine Philibert Maison d’hôtes Manoir Tourieux proche de Lyon